Un Premier Mai citoyen pour réaffirmer nos valeurs: égalité, solidarité, fraternité !

05/05/2017

"Pour nous socialistes, le Premier Mai, la Fête du Travail est  un symbole fort qui nous rappelle notre histoire, celle des luttes sociales, celle des conquêtes sociales.

Dans un monde qui change, un monde « globalisé », un « village planétaire » dans lequel certains jettent la zizanie, un monde que des forces obscures, voire obscurantistes, voudraient davantage diviser, davantage radicaliser, j’éprouve, en ce 1er Mai 2017, un  sentiment de malaise et d’inquiétude pour l’avenir.

Ce sentiment, je vais essayer de l’exprimer à travers trois prismes : la gouvernanceles valeurs démocratiques et la politique carnassière du gouvernement belge.

1. La gouvernance

L’affaire dite « Publifin » interroge notre démocratie à juste titre : comment un système de rémunérations publiques et de pratiques inacceptables, révoltantes, ont-elles pu voir le jour et perdurer aussi longtemps sans être plus tôt mises en causes ?

La réponse à cette question, à ce déni démocratique, tient en deux mots : contrôle et transparence.

Il y a eu défaillances dans la mise en œuvre de ces deux outils de vigilance démocratique. Tant dans les instances wallonnes qu’au sein du Parti Socialiste.  Faisons notre mea culpa collectif ! Mais, comme le dit l’adage populaire : « Dans tout malheur, quelque chose est bon ». J’ai la conviction qu’il sortira de ce cloaque, des règles strictes, et des mécanismes efficaces de contrôle et de transparence.

2. Les valeurs démocratiques

Notre démocratie est malade ; elle est en danger.

Quelles sont les causes communes entre le BREXIT anglais, l’élection de TRUMP et LE PEN au deuxième tour ?

Il y a des causes profondes à cette évolution sociétale aussi funeste qu’inquiétante.

Tout d’abord, un immense mal-être à l’échelle mondiale.

Le monde dirigé par le fric génère des inégalités toujours plus grandes. D’un côté, un petit nombre de personnes concentre des richesses colossales et, de l’autre , il y a la faim , il y a ces enfants qui souffrent de sous-nutrition ou de malnutrition … Images insoutenables ; inégalités insupportables !

La mondialisation de l’économie que nous ne parvenons pas à encadrer, à réguler, plonge des millions de travailleurs dans le désarroi.

Le dumping social que nous devons combattre de toutes nos forces agit comme un poison ; c’est le cancer de notre économie et de notre modèle social.

TOUT doit être mis en œuvre, à TOUS les niveaux pour le contrer.

Ensuite, il y a l’austérité dictée par la droite dans les instances européennes et nationales ; les gens n’en peuvent plus et n’en veulent plus…

C’est vrai, au lieu de s’en prendre à ceux qui dictent l’austérité et l’implémentent, certains s’en prennent à l’Europe elle-même en tant qu’institution. C’est, comme on dit : « jeter le bébé avec l’eau du bain ». La vérité est qu’il nous faut plus d’Europe, mais surtout une autre Europe. Et, le premier défi, le premier enjeu est une véritable harmonisation sociale et fiscale ! Le retour aux nationalismes et au protectionnisme amènerait  beaucoup de malheurs et très peu de solutions.

Les défis auxquels les peuples sont confrontés dépassent les frontières : l’emploi, le commerce, la santé, la pollution, le climat, la mobilité, la défense,… C’est à une échelle supranationale que ces questions là doivent être appréhendées.

Dans le mal-être général, il y a une autre gangrène : le terrorisme. Il bouleverse les repères, crée une angoisse, sourde, consciente ou inconsciente, il divise les opinions.

Dans ce contexte, le citoyen désabusé, pressé au travail, traqué au chômage, menacé dans sa sécurité d’existence peut être tenté par des slogans simplistes, par la recherche de boucs émissaires – ça a marché dans les années trente, les fachos d’aujourd’hui n’ont rien inventé …

Alors oui, dans ce terreau fertile, le populisme prospère…

Même au sein du gouvernement fédéral belge.  Une Secrétaire d’Etat NV-A peut se permettre de comparer les personnes de confession musulmane à du « bétail électoral », sans réaction du 1er Ministre…

Oui, c’est vrai, ça pue les années trente…

Et, la France ? Difficile de ne pas en parler entre les deux tours…

La France, à première vue : « C’est quoi cette Macronade ? »

Outre le caractère inédit de cette élection présidentielle,  force est de constater que, pour la seconde fois dans l’Histoire de la Vème République, l’extrême-droite est au deuxième tour ...

LE PEN, deuxième génération. La troisième génération attend déjà son tour … Et sera peut-être la plus dangereuse …

Contrairement à 2002, cette présence de la candidate FN au second tour, annoncée cette fois-ci par les sondages, n’a pas provoqué l’immense émoi dans l’opinion publique française comme cela avait été le cas pour son père au lendemain du 21 avril 2002. Pas de grand mouvement populaire anti-FN, pas de grandes manifestations, … L’extrême droite française s’est banalisée, parce que la société française lui a aussi permis de se banaliser.

Et, le 7 mai prochain, le risque est grand ; il est énorme : l’abstention, les discours « ni…ni… », l’absence de message clair de Mélenchon, l’affaiblissement du Front Républicain , …

Le choix du second tour est entre un démocrate et une facho ! Point barre !

C’est la raison pour laquelle tous les démocrates doivent se mobiliser en France comme en Belgique pour faire barrage à l’extrême droite. Puissent les valeurs fondamentales de la France : Liberté – Egalité – Fraternité   triompher sur les discours de haine et de rejet de l’autre.

Espérons que le Peuple français prendra ses responsabilités et fera le pari du « vivre ensemble ».

3. Le Gouvernement belge

En Belgique, point de « Macronade »…

Le gouvernement fédéral le plus conservateur de l’après-guerre poursuit son cap « à droite, toute ! ».

La NV-A nous avait annoncé la « goed bestuur », la bonne gestion…

Ils avaient fait de l’assainissement des finances publiques  pour 2018 leur cheval de bataille. On allait voir ce qu’on allait voir …

On a vu, en effet, mais on nous dit aujourd’hui que cet objectif  ne sera pas possible pour 2018 et qu’il faudra le reporter en 2019, voire au-delà …

Depuis le début, nous dénonçons les approximations budgétaires du Ministres des Finances (NV-A), les erreurs, les trucages, les faux effets retours,…

En bref, la politique budgétaire de ce gouvernement est socialement injuste et, en plus, elle est inefficace sur le plan économique.

En dépit des « efforts », des sacrifices, des taxes, des sanctions, c’est l’échec complet de ce gouvernement MR-NV-A.

Le financement de la Sécurité sociale, un enjeu fondamental pour les socialistes, vient de connaître, au début de cette année, dans l’indifférence générale et le silence médiatique, une « réforme » à la sauce MR / NV-A. Changement de paradigme, c’est la remise en cause de la gestion paritaire ; le financement de la sécu sera à l’avenir une variable d’ajustement du budget de l’Etat, soumise au dogme de l’austérité du Gouvernement.

Il y a un an, au Premier Mai à Namur, je vous parlais des projets du Ministre fédéral de l’Emploi, Kris PEETERS, en matière de droit du travail, un package indigeste dénommé « travail faisable et maniable ».

Malgré notre opposition argumentée, fouillée, la majorité a voté, comme un seul homme, une loi qui instaure la maxi-flexibilité, la flexibilité à outrance.

« Demandez le programme … ! ». C’est celui du patronat, c’est celui de la FEB !

Avec cette loi, le Gouvernement obligera les travailleurs à travailler plus pour gagner moins. C’est un recul social majeur. On revient 40 ans en arrière…

Après la Sécu et la flexibilité, le Gouvernement a bloqué durablement les salaires. C’est l’austérité idéologique, quand bien même, je l’ai indiqué, elle conduit notre pays dans l’impasse budgétaire.

De ces lois, le patronat, la FEB, s’en frottent les mains… Par contre, pour les travailleurs, ces lois sont funestes tant pour le pouvoir d’achat que pour la conciliation du travail avec la vie privée, la vie familiale !

Alors, oui, cette année, notre Premier Mai à Philippeville est un Premier Mai de vigilance citoyenne. C’est aussi un jour pour réaffirmer  nos valeurs : l’égalité, la solidarité, la fraternité.

C’est le jour du muguet qui est beau cette année, paraît-il. Il est le symbole du bonheur et de ce monde meilleur auquel nous aspirons tous !

Bon Premier Mai à toutes et à tous !"

Jean-Marc DELIZEE

Lire le discours 

https://www.facebook.com/alain.schmidt/videos/10213146814848028/