Secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté

Bilan et priorités d’une année au Secrétariat d’Etat à la lutte contre la pauvreté

Du 20 avril 2008 au 16 juillet 2009, j’ai été Secrétaire d’Etat à la lutte pour la pauvreté.
En trois questions, je résume mon action.

1) Mon vécu en tant que Secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté :

Lors de la formation du Gouvernement Leterme 1er au printemps 2008, c'était la première fois que la lutte contre  la pauvreté était considérée comme une compétence spécifique au sein d'un Gouvernement fédéral. J'ai prêté serment le 20 avril 2008.  Cette fonction nouvelle, je l'ai façonnée et, dans une certaine mesure, aussi un peu inventée. Je me suis d'emblée posé cette question : comment le secteur associatif actif dans la lutte contre la pauvreté va-t-il réagir ? Serais-je le Ministre de plus ? , le Secrétaire d'Etat de trop ? La réponse à cette question a été unanime : dans les trois régions du pays, le secteur était enchanté de disposer d'un interlocuteur politique au niveau ministériel.
La période était particulièrement propice à un dialogue renforcé : la préparation de l'année européenne de lutte contre la pauvreté (2010), la présidence belge de l'U.E. et la perspective de la stratégie U.E. 2020.
C'est avec beaucoup d'humilité que j'ai abordé ce mandat sachant que je ne disposais ni de recette miracle ni de baguette magique ... Par contre, c'est avec une détermination sans faille que j'ai mis la pauvreté à l'agenda politique et plaidé pour des politiques transversales et coordonnées à tous les niveaux de pouvoir .

2) Mes réalisations :

Le 4 juillet 2008, le gouvernement Leterme approuvait un plan fédéral de lutte contre la pauvreté. Une première en Belgique ! Composé de 59 mesures, ce plan, issu d'un large dialogue tant avec les acteurs de terrain, qu'avec les décideurs politiques, consacre cette vision transversale de la lutte contre la pauvreté et précise ses objectifs dans six domaines : un revenu qui permet de vivre dignement, l'accès pour tous à des soins de santé de qualité, l'intégration par l'emploi, un logement décent pour tous, l'accès garanti à l'énergie et des services publics accessibles à tous. Dans la foulée, une amélioration du pouvoir d'achat de groupes cibles a été réalisée : enveloppe bien-être pour relever les allocations les plus basses, augmentation des pensions, y compris la GRAPA, du salaire minimum, des allocations familiales pour familles monoparentales, ...
Je note que les grandes lignes et les objectifs de ce plan se retrouvent dans le second plan fédéral adopté par le gouvernement Di  Rupo qui en a conservé la philosophie générale : transversalité, mobilisation de tous les acteurs et administrations,  sensibilisation de l'opinion publique.

En janvier 2009, après une fructueuse concertation avec les régions et communautés, le baromètre interfédéral de la pauvreté voyait le jour. Celui-ci constitue un instrument de mesure indispensable pour atteindre les objectifs : la nécessaire transparence suscite le débat démocratique et contribue à la sensibilisation de tout un chacun.

Tous aussi mobilisateur fut le premier prix fédéral de lutte contre la pauvreté décerné en mars 2009 en présence du souverain. Le dialogue et l'échange de bonnes pratiques restent des moyens d'action efficaces en Belgique. De même, la préparation de l'année européenne et de la présidence belge ont formidablement stimulé les énergies.
Parmi les obstacles rencontrés au cours de cette période, je mentionnerai l'instabilité politique chronique qui a caractérisé cette législature et surtout la crise financière qui a éclaté en septembre 2008, plombant par la suite les marges budgétaires des pouvoirs publics.

3) Mes priorités :

Les crises financière, économique et budgétaire ont cassé l'élan qui se dessinait à la fin de la précédente décennie dans la lutte contre la pauvreté. Nous devons replacer cet enjeu sociétal au cœur des priorités politiques. Puisse 2014 donner une nouvelle impulsion à ce défi avec de véritables volontés traduites en actes concrets.

Bilan d’une année au gouvernement en vidéo.

 

Remise du Premier Prix fédéral de la lutte contre la pauvreté 2009

Fin avril 2009 se déroulait la remise du premier Prix fédéral de la Lutte contre la pauvreté. Sa Majesté le Roi Albert II nous a fait l’honneur d’assister à cette première édition.
Le jury a dû opérer un choix parmi les 131 candidatures ; il a alors sélectionné 9 projets, soit 3 par Région. Suite à un second vote « très difficile » pour les membres du jury, nous disait son Président Julien Van Geertsom, 3 projets ont été retenus :
Pour la Flandre : Wijkgezondheidscentrum ‘t Spoor – Borgerhout
Pour Bruxelles : le Centre d’appui aux services de médiation de dettes
Pour la Wallonie : Solidarités Nouvelles – Charleroi

Chacun des trois lauréats a reçu un trophée, un film promotionnel présentant leur association et un prix de 10.000 €. Pour certains, cela leur permettra de pérenniser leur action pour quelques mois, pour d’autres, ce sera l’occasion de démarrer une nouvelle initiative. Mais pour les 9 nominés, c’est une reconnaissance importante du travail accompli !

Peu après, lors de la réception, dans une ambiance très détendue, j’ai présenté à sa Majesté le Roi les 3 lauréats et d’autres acteurs de terrain. Le Roi s’est entretenu chaleureusement avec eux, en débordant allègrement sur l’horaire prévu…
Bref : matinée très enrichissante, humainement parlant.

Premier baromètre interfédéral de la Pauvreté

« Mieux connaître la pauvreté pour mieux la combattre » constitue l’une de mes priorités ! ».
Le 26 janvier 2009, je présentais le Baromètre de la Pauvreté, prévu dans le Plan fédéral de Lutte contre la Pauvreté.
J’ai réussi à mettre tous mes collègues d’accord ! C’est une véritable prouesse, par les temps qui courent.
Cet outil a pour objectif principal de mesurer, chaque année, l’évolution de la pauvreté dans notre pays.
Le seuil de la pauvreté se chiffre à 60% du revenu médian net disponible des ménages belges. Pour 2007 (revenus 2006), il était à 878 € par mois. Un belge sur 7 vit sous le seuil de la pauvreté !
Le Baromètre se base sur 15 indicateurs relatifs à la pauvreté et aux inégalités sociales. Il met en évidence le risque de pauvreté sous différents aspects de la vie courante : travail, revenus, logement, endettement, santé, enseignement… Ces indicateurs ont été sélectionnés par un groupe de travail réunissant des universitaires, des associations de terrain et des représentants des pouvoirs publics. Chaque année, les chiffres du Baromètre seront mis à jour. Cela permettra aux différentes autorités de mieux cibler leur politique de lutte contre la pauvreté.
En 2012, une nouvelle brochure a été éditée ; elle révèle tous les chiffres des différents indicateurs, selon les thématiques citées ci-dessus. Très didactique, avec des graphiques explicatifs et une mise en page très réussie, cette publication est disponible gratuitement au Ministère de l’Intégration sociale (tél. 02/508 85 86) ; vous pouvez aussi la consulter en ligne.

brochure baromètre interfédéral de la pauvreté