Repenser le bureau de poste plutôt que le supprimer !

04/01/2016

"Déposer son courrier, retirer de l’argent, envoyer un colis, demander un permis de pêche, acheter une recharge de téléphone… Toutes ces opérations peuvent être réalisées dans les bureaux de poste. Le contrat de gestion de bpost, qui définit l’ensemble des services publics postaux, stipule aujourd’hui que notre pays doit compter au moins un bureau de poste par commune. Cette règle garantit ce qui est l’essence même d’un service public : l’accès aux services postaux à chaque citoyen.

Le risque est cependant grand de voir disparaître ce principe fondamental. En effet, Alexander DE CROO, le ministre en charge de négocier le prochain contrat de gestion de bpost, lorsque nous l’avons interrogé au Parlement, refusait de démentir la rumeur selon laquelle cette règle prendrait bientôt fin.

Pourtant, un élément essentiel du service public est d’être accessible à toute la population, même aux citoyens pour lesquels l’offrir est financièrement déficitaire. Par exemple, notre système d’assurance santé doit couvrir tous les citoyens, mêmes ceux qui sont atteints de maladie chronique et que les compagnies d’assurances privées ne prendraient pas en charge. De la même manière, même les citoyens qui habitent des zones rurales et moins densément peuplées ont droit à un service postal de qualité. Il s’agit là d’une différence fondamentale de logique entre les entreprises privées et le service public : les premières calculent la rentabilité d’un service pour décider de le proposer ou non (et prennent en compte la disponibilité à payer de leurs clients potentiels pour en fixer le prix) alors que le second reconnaît à tous les citoyens un droit au service offert, nonobstant le coût.

Proposer de nouveaux services

Pour nous, socialistes, le maintien d’un bureau de poste minimum par commune est nécessaire pour que chaque citoyen dispose d’une offre complète de services postaux, qu’il habite en ville ou dans un village reculé. C’est particulièrement important concernant les services financiers de bpost à l’heure où les banques désertent les zones rurales. Au lieu de participer à la désertification commerciale des communes rurales en supprimant des bureaux de poste, le rôle des pouvoirs publics est d’assurer l’accès aux services publics et de dynamiser l’offre commerciale en repensant les services des bureaux de poste.

Mieux rencontrer l’intérêt du citoyen

Les services publics doivent non seulement renforcer la cohésion économique et sociale, mais aussi être en phase avec les évolutions technologiques et les besoins nouveaux de la population. Plutôt que de supprimer la règle d’un bureau de poste minimum par commune, il faudrait plutôt repenser et y proposer de nouveaux services. bpost, en concertation avec les autorités locales, pourrait mener une large consultation pour ouvrir ses bureaux à de nouveaux services aux citoyens et ce, avec une attention particulière pour les zones rurales ou les quartiers souffrant de désertification commerciale. On pourrait penser à des services d’impression, l’achat de journaux papier, [...] Ces services ne seraient proposés que dans les quartiers où ils ne sont pas disponibles. Cela augmenterait la clientèle de la presse [...] et créerait de nouveaux emplois et améliorerait le rapport qualité – coût des services offerts dans les bureaux de poste.

Moderniser les services publics, c’est travailler pour les améliorer, et pas les réduire, voire les supprimer. Si bpost se doit d’évoluer, ce n’est pas uniquement pour rémunérer ses actionnaires mais avant tout pour mieux rencontrer l’intérêt des citoyens et de ses travailleurs.

Karine LALIEUX, Jean-Marc DELIZÉE et Laurent DEVIN, Députés PS à la Chambre des Représentants