Réchauffement climatique

10/09/2018

Mon intervention sur le

Réchauffement climatique – 08.08.2018

 

Remerciements

 

Le « Réchauffement climatique », c’est le défi écologique planétaire le plus grave de toute notre histoire, dont on entend parler depuis des décennies comme une ritournelle incessante mais qui, malheureusement, ne bénéficie pas de l’écho qu’il mérite.

  • Malgré les preuves scientifiques démontrées depuis fin des années ’50, notamment par le lien évident entre le taux de CO2 présent dans l’atmosphère et le réchauffement climatique planétaire;
  • Malgré les mises en garde de scientifiques quant aux conséquences catastrophiques de ces évolutions si on ne rectifie pas le tir en changeant drastiquement nos modes de fonctionnement ;
  • Malgré le constat que l’augmentation de température est bien réelle, puisque mesurée, et ininterrompue ces dernières années ;
  • Malgré qu’il est facile de comprendre l’asphyxie de l’atmosphère face aux rejets de CO2 dus aux activités humaines quand on constate que nous sommes passés de 1,5 milliard de tonnes de CO2 en 1950 à plus de 36 milliards de tonnes en 2016 …. soit une augmentation de 2.300%  en seulement 65 ans ;
  • Malgré une prise de conscience de plus en plus importante qui peut se mesurer notamment au niveau des COP (Conference of Parties = Conférences Internationales sur le Climat) dont celle de Paris, la 21ème depuis le sommet de Rio en 1992, par laquelle la Communauté internationale s’est engagée à faire tout son possible pour contenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés, voire même de le limiter à 1,5 degré ;
  • Malgré que l’on commence à ressentir réellement les conséquences du réchauffement climatique (par ailleurs prédites par les scientifiques), sérieusement depuis 2005 et, de manière toujours plus accélérée et avec une intensité de plus en plus forte :

Citons :

  • la fonte des glaciers : les neiges du Kilimandjaro ne seront bientôt plus qu’un souvenir tandis que des pans entiers de glaciers s’effondrent chaque jour dans la mer avec une perte de la calotte glaciaire au pôle Nord de 40% en 40 ans !,
  • l’augmentation des précipitations, davantage sous forme de gros orages ponctuels qui s’expliquent logiquement par le fait que, plus les océans se réchauffent, plus les tempêtes se renforcent.

On ne compte plus les inondations d’une ampleur jamais recensée jusque-là en Inde, en Thaïlande, aux Philippines, en Floride, au Texas, au Chili  … mais aussi en Espagne, en Suisse, en Autriche, en France et, on a encore pu le constater très récemment en Belgique notamment à Walcourt, Somzée, Florennes, Berzée et Yves Gomezée, …

Quand on se souvient qu’en juillet 2005, Al Gore avait qualifié les inondations à Mumbaï en Inde de « pire déluge qu’aucune ville indienne ait jamais connu » avec 94 cm de pluie tombés en 24 heures. Depuis, on a connu bien pire !

On ne compte plus non plus les tempêtes, les typhons, les tornades, les cyclones, les ouragans, les tsunamis, … aux doux noms de Emily, Dennis, Katrina, Xynthia, Christian, Sandy, Haiyan, … qui détruisent tout sur leur passage et plongent des millions de personnes dans une détresse incommensurable,

  • des sécheresses épouvantables comme au Niger ou au Darfour  qui, complètent le tableau catastrophique;
  • le dérèglement des saisons affectant des milliers de niches écologiques et provoquant, entre autres, l’apparition de nouvelles maladies (30 nouvelles maladies sont apparues sur le dernier ¼ de siècle comme le virus Zika), la réapparition de certaines maladies jusque-là contrôlée (ex : grippe aviaire) et l’extension du champ d’action de vecteurs de maladies (ex : ère des moustiques de plus en plus étendue) ;
  • le rythme élevé d’extinction des espèces qui est aujourd’hui 1000 fois plus élevé que par le passé ;

 

  • Malgré les signes très positifs qui peuvent rendre l’espoir en offrant des technologies propres qui pourraient couvrir les besoins énergétiques de l’ensemble de la population en ne dégageant plus de CO2 dans l’atmosphère :

•  savez-vous qu’au niveau mondial, le vent, à lui seul, peut fournir 40 fois l’énergie nécessaire à la planète entière?

•  savez-vous qu’au niveau mondial, le soleil fournit plus d’énergie à la planète par heure que ce que le monde entier n’utilise en 1 année complète?

Ce qui signifie qu’en augmentant et en utilisant mieux la petite partie de ces énergies que nous captons, on pourrait résoudre la crise climatique !

Malgré tout cela, alors que ceux qui voudraient un monde meilleur s’activent comme des fourmis pour améliorer la situation,

certains qui pourraient changer les choses font la sourde oreille !

Pire, ils nient l’évidence ou dénigrent  les arguments !

 

Quand on sait que plus de 65% de la pollution du carbone mondial émane des pays développés, que la responsabilité des Etats-Unis dans le réchauffement climatique est, à elle seule, supérieure à celles cumulées de l’Amérique du sud, de l’Afrique, du Moyen Orient et de l’Asie, et que l’on constate que la plupart des dégâts actuellement occasionnés par les effets de cette pollution sont localisés dans l’hémisphère sud, ceci explique peut-être cela ?

Ce qui a fait dire au Pape François Ier, en novembre 2013, lors d’une visite à Tacloban aux Philippines juste après le passage du super typhon « Haiyan », le plus destructeur ayant jamais atteint les côtes, que « Les plus graves effets de la crise climatique touchent les populations les plus pauvres ». C’est une réalité incontestable!

 

Malgré cela, une poignée de personnes, parmi lesquelles un certain Donald Trump - une calamité planétaire par lui-même - osent déclarer « Je ne crois pas au réchauffement climatique ».

Pire, les climato-sceptiques propagent des idées fausses pour troubler le message et installer le doute dans l’opinion publique.

Parmi ces idées fausses, on peut identifier :

  • une soi-disant « querelle d’experts ». Faux : tous les articles scientifiques sont unanimes pour reconnaître que nous sommes bel et bien responsables du réchauffement climatique : 0% ne le conteste sur un échantillon de 928 articles scientifiques analysés aux USA.

Par contre, et cela démontre à quel point ils ont réussi à semer le doute, 53% des articles de la presse populaire mettent en cause  cette responsabilité.

  • Seconde idée fausse : le besoin de devoir choisir entre l’économie et l’environnement. Faux : les technologies permettent des synergies de ces deux secteurs qui ne sont pas du tout concurrentiels.
  • Enfin, que de toute façon, il serait trop tard pour agir. Encore faux. Mais remarquez au passage avec quelle rapidité ils passent du déni au désespoir!

Et si ce déni se « limitait à l’inaction », soit ! Mais non, Trump fait mieux (entendez : pire), il décide délibérément d’aggraver la situation:

  • en se retirant de la COP 21 et ruinant ainsi les efforts de plus de 220 pays parmi lesquels, par exemple l’Inde : pays en voie de développement qui, malgré sa non-responsabilité dans ce problème qui, pour répondre aux besoins de sa population, estimait légitime d’enfin pouvoir bénéficier à son tour du développement de centrales à charbon après 150 ans d’une utilisation abusive de cette technologie par les pays développés, a accepté de contribuer à l’effort mondial pour améliorer les choses. Quelle maturité politique !
  • en décidant de redonner de l’élan aux forages pétroliers et gaziers, c’est le pire de tout !

 

Deux mots sur l’extraction du gaz de schiste.

Savez-vous :

  • qu’elle se pratique par la technique dite de « fracturation hydraulique » qui nécessite 4 à 28 millions de litres d’eau par forage ?
  • qu’il est ajouté à cette eau quelque 596 produits polluants de toutes sortes mais dont les effets ne sont pas anodins pour la santé publique ?
  • que certains de ces produits, reconnus toxiques par des experts de l’Agence de Protection de l’Environnement américaine, n’ont pas fait l’objet d’une enquête plus approfondie quant aux effets sur la santé publique ?
  • que 5 des 7 de ces experts sont concernés par une situation de conflit d’intérêt, sans doute la raison pour laquelle ils arrivent à la conclusion ridicule que certains des produits utilisés sont bien toxiques mais qu’il n’y a pas de risque pour la population !

Bref, la décision de relancer ces exploitations est catastrophique : le gaz de schiste n’est autre que du gaz naturel, autrement dit du méthane. Le méthane, qui sort des puits de fracturation hydraulique, est  nettement (estimé par certains à 30 fois) plus dangereux pour la planète en termes de réchauffement climatique que le CO2. Les techniques d’extraction ne permettant pas de maîtriser le flux dégagé, il est estimé que 4 à 8 % de ce gaz se retrouve dans l’atmosphère … je vous laisse juge des dégâts ainsi faits à l’atmosphère!

 

Néanmoins, je voudrais terminer par une note positive pour dire que, s’il n’est pas trop tard, il est tout de même grand temps d’agir!

Le mouvement pour la lutte contre le réchauffement climatique est lent, parsemé d’embûches, alterne les signes encourageants et décourageants et donc les sentiments contradictoires d’optimisme et de pessimisme.

A l’instar des mouvements pour l’abolition de l’esclavage, pour le droit de vote des femmes, pour les droits civiques, contre l’apartheid, pour les droits des homosexuels, ce combat prendra du temps mais il se fera parce que, comme l’a dit Martin Luther King en son temps, « Nul mensonge n’est éternel » !

Viroinval ne veut pas vivre dans le mensonge,

Viroinval veut participer et participe déjà à cette marche vers un futur meilleur, avec ses modestes moyens mais avec sa réelle volonté éthique …

 

C’est ainsi que le Conseil Communal de Viroinval a approuvé en janvier 2012 la Convention des Maires pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Dans la foulée, nous avons conçu et approuvé un « Plan d’Action pour Energie Durable » (P.A.E.D.) qui définit les mesures concrètes à mettre en œuvre pour rencontrer les 3 objectifs de la Convention des Maires, les 3 x 20% à l’horizon 2020:

  • - 20% de la consommation d’énergie ;
  • - 20% de l’émission de CO2 ;
  • + 20% de production d’énergie verte.

Ce P.A.E.D. est en cours de concrétisation ainsi :

  • Viroinval : 1er commune wallonne 100% LED pour l’éclairage public (réduction de 50% de la consommation) ;
  • Réalisation d’une station de bio-méthanisation agricole par une exploitation à Vierves qui, à elle seule, permettra d’atteindre l’objectif  CO2 ;
  • Production d’électricité par une roue hydraulique dans l’ancien moulin de Nismes ;
  • Etude de thermographie des habitations et sensibilisation des citoyens pour une meilleure isolation des maisons.

Viroinval est considérée comme une commune pilote pour la Province de Namur. Ainsi, le Bureau Economique promeut l’adhésion d’un maximum de communes de la Province à la Convention des Maires. Le projet « Essaimage » prévoit la réalisation de P.A.E.D. dans les 6 autres communes de l’arrondissement de Philippeville.

Ceci montre que le pouvoir local peut et doit se mobiliser pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Jean-Marc DELIZEE